MÉTÉO

Les COEFFICIENTS

    A toute technique correspond un créneau de coefficients propice.

    S'il est possible de pêcher quel que soit le coefficient de marée, les résultats enregistrés sont évidemment assez différents suivant son importance.

Sachant qu'il évolue entre 20 et 120, les mesures à prendre varient en conséquence et peuvent devenir pesantes: matériel hors normes, plombées abusives, diamètre de fil microscopique ou phénoménal, etc.  

 Ainsi, pratiquer une technique dans des circonstances extrêmes impose des contraintes qui transforment le simple acte récréatif en casse-tête et gâchent les plaisirs de la pêche.

Dans l'idéal, il faudrait faire correspondre chaque technique avec un créneau de coefficients adapté.

    Voici donc ce qui pourrait vous servir de base pour établir un calendrier annuel de sorties.

    En pêche du bord Les flotteurs coulissants sont utilisables depuis les mortes-eaux jusqu'aux plus grandes marées, à condition toutefois de considérer leurs portances par rapport à l'amplitude.

Si 10 g conviennent pour des coefficients allant jusqu'à 50 ou 60, il devient tout à fait envisageable de monter la partance à 100 g et plus pour des coefficients de 80 à 100.

Les " bouchons " se classent en deux catégories: ceux pour la pêche " à l'anglaise ", et les autres pour les pêches à rôder.

Les flotteurs pour l'anglaise (essentiellement des wagglers coulissant à la base) sont discrets et donc très efficaces par coefficients moyens.

Par 40 à 70 de coefficient, il faut les préférer à tout autre type de flotteurs.

En revanche, grâce à leur extrême flottabilité et à leur masse imposante, les bouchons dotés d'un tube central sont mieux adaptés aux courants importants générés par des coefficients de 80 à 120.

 

    Avec un bas de ligne propulsé par un plomb terminal ou intermédiaire le plus léger possible, le lancer-ramener peut s'adapter à tous les coefficients.

Si on devait établir une concordance

 coefficients-poids, cela donnerait:

Coefficient de 20 à 30 = 15 g.

Coefficient de 50 à 70 = 30g.

Coefficient de 90 à ll0 = 45g.

 

    Parallèlement à cela, il est intéressant de noter que les cuillères ondulantes se montrent souvent plus efficaces dans les extrêmes: ainsi, les modèles légers (jusqu'à 30 g) sont particulièrement adaptés aux marées de faible amplitude, 60 de Coefficient étant la limite supérieure, alors que les ondulantes lourdes (jusqu'à 60 g) se montrent toujours plus prenantes à partir d'un Coefficient de 80 à 90 et restent utilisables au delà de 100.

    Obéissant souvent plus à une tradition qu'à une logique de pêche, bon nombre d'adeptes pratiquent la pêche à la bulle par petits coefficients et utilisent tous les autres lests dès que l'on dépasse un coefficient de 60.

 C'est souvent fort dommage car aussi bien les bulles que les lests du type bombette flottante, semi-coulante et coulante, dans tous les poids, peuvent presque être utilisés quel que soit le coefficient.

    Les leurres de surface lourds ou légers ?

le poids dépend en fait de sa masse, qui conditionne sa tenue dans le courant .

Ils sont utilisables tant qu'ils se comportent normalement sous une récupération linéaire ordinaire ou selon une technique de travail quelconque (" walking the dog ", " long slide ", etc.).

On peut cependant remarquer que les Stick Laits, même de bonne taille, et les petits poppers préfèrent l'absence de courants, donc les faibles amplitudes, alors que les gros poppers, les Pencil baits et les leurres à hélices montrent leurs vraies qualités à partir d'un coefficient de 70 à 80 et restent prenants jusqu'à 110.

    Il faut savoir s'adapter aux coefficients.

    Les leurres à bavette plongeants ou ceux qui coulent faiblement (Jerk baits, Minnow et Suspending) marquent leurs limites autour des coefficient 80-90.

En revanche, les modèles du type Count down, grands plongeurs, Crank Baits, Shad et Rattlin deviennent excellents à partir d'un coefficient 60 et ne sont pas trop affectés par de plus grandes masses d'eau déplacées (coefficient 100 et plus), sous réserve de les lancer et de les récupérer dans l'axe du courant dominant.

Les tentatives de lancer aval ou de travers se soldent en général par des dérives trop importantes car trop rapides, et par un comportement inadapté des leurres qui flottent sans vraiment travailler.

    La pêche à la mouche avec des soies flottantes est praticable par tous types de coefficient, en faisant travailler (quand nécessaire) la mouche contre le courant.

Avec des soies intermédiaires ou coulantes, au-delà de 90, la pratique devient approximative.

La pêche à " gratter " (tramant sur le fond) se joue des coefficients tant que la hauteur d'eau est suffisante.

Cependant, les poissons pris par petits coefficients seront certainement des poissons lents (plies, carrelets, etc.) alors que les spécimens nerveux (bars, vieilles, canthères, etc.) seront plus souvent au rendez-vous des 80 et plus.

Pour la pêche à la calée, au plomb posé (variante portuaire du surf casting), il faut adapter ses plombées et ses esches aux coefficients.

De 20 à 200 g, le choix est grand: il doit se faire en fonction de la hauteur d'eau et des courants devant le ou les postes de pêche (en sachant également que les plombs à grappins permettent de revoir les poids à la baisse).

La pêche à soutenir suppose une rigidité de l'installation proche de l'aplomb idéal afin de faciliter le ferrage à la touche.

Lors des syzygies et des marées suivantes, on peut opter pour des grammages très faibles.

À l'inverse, les masses d'eau déplacées par les fortes marées obligent à lester lourdement mais aussi à rallonger les corps de ligne et les empiles de façon à dissimuler le plomb aux yeux des poissons craintifs.

Les secteurs les plus propices sont les enrochements naturels et artificiels  A noter que pour celui qui pêche léger au-dessus des roches avec un coefficient de 80 et plus, l'intérêt de relier le plomb au fil principal du montage avec un cassant et de se servir d'empiles ayant une résistance inférieure de 10 % à la ligne, devient vite une évidence.

Les plombages pour la pêche à soutenir sont comparables à ceux utilisés pour la calée. Mais le choix définitif des plombées dépend également des cannes et des moulinets :

faire soutenir 80 g à une canne de 2m70 dotée d'un moulinet chargé de 30/100 est une hérésie... que l'on rencontre pourtant fréquemment!

Théoriquement, la pratique du surf-casting peut se faire quels que soient les coefficients.

 A l'usage, on s'aperçoit pourtant que les résultats sont très irréguliers.

Si la pêche de nuit peut être bonne à partir d'un coefficient de 60 dès que la mer roule un peu, il en va tout autrement le jour, hormis en estuaire et depuis certaines plages très creuses; il faut être bigrement optimiste ou avoir la chance de tomber sur un banc de bars pour réussir avec moins de 80 de coefficient.

 

        Les notes ci-dessus sont extraites :

  • PÊCHE EN MER N° 179
  • Par JEAN-LOUIS GUILLOU
  • Éditions LARIVIERE

 

 

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